Recherche scientifique au Bénin : des femmes en première ligne de l’innovation

21 mars 2025

Recherche scientifique au Bénin : des femmes en première ligne de l’innovation

Longtemps reléguées à la marge, les femmes scientifiques au Bénin s’imposent aujourd’hui comme des actrices essentielles de la recherche scientifique. Au sein du laboratoire de Génétique, Biotechnologie et des Sciences des Semences de l’Université d’Abomey-Calavi (GBioS-UAC), elles innovent, inspirent et influencent des domaines cruciaux tels que l’agriculture et les biotechnologies.

Copyright : GBioS-UAC

La science est le socle de l’innovation, du progrès et de la durabilité. Pourtant, dans l’histoire de la recherche scientifique, les femmes ont souvent été tenues à l’écart, victimes de préjugés, d’exclusion ou de manque d’opportunités. Malgré ces obstacles, elles ont persisté, travaillé dans l’ombre, et contribué de manière déterminante à l’avancement des connaissances. Aujourd’hui, les lignes bougent. À l’occasion de la Journée internationale de la Femmes, il est crucial de mettre en lumière ces chercheuses qui, avec détermination, bâtissent l’Afrique de demain.

Le GBioS-UAC, un laboratoire d’égalité et d’impact

Le laboratoire de Génétique, Biotechnologie et des Sciences des Semences de l’Université d’Abomey-Calavi (GBioS-UAC) est un centre de recherche qui œuvre à l’amélioration des conditions de vie à travers la science, notamment par la valorisation des cultures orphelines et la promotion de la sécurité alimentaire. Au sein de cette institution, les femmes scientifiques ne sont pas de simples exécutantes. Parmi elles, le Dr Charlotte Adje, chercheure à GBioS-UAC, partage avec clarté sa vision : « Être une femme en science, ce n’est pas seulement faire de la recherche. C’est une question d’impact. Je suis honorée de contribuer à la mission de GBioS-UAC. » Elle ajoute avec conviction : « En tant que femme scientifique, je vois mon travail comme faisant partie de quelque chose de plus grand ; développer des solutions qui soutiennent les agriculteurs, améliorent les systèmes alimentaires et favorisent un changement durable. »

Des femmes au service des solutions durables

Les chercheuses du GBioS-UAC travaillent sur des projets à fort impact, allant de l’amélioration génétique des plantes à la lutte contre l’insécurité alimentaire. Le parcours du Dr Charlotte Adje illustre bien cette dynamique. Spécialiste de la génétique et de l’amélioration des plantes, elle consacre ses recherches à l’ananas, une culture économiquement et culturellement stratégique au Bénin. Dans sa thèse sur la variabilité génétique de l’ananas (Ananas comosus), elle a : mis en place une collection noyau des variétés locales, caractérisé les ananas béninois sur les plans morphologique et moléculaire, évalué les contraintes de culture dans différentes zones agroécologiques, développé une méthode innovante de production uniforme de rejets à partir des tiges. Ses recherches ont permis d’identifier les cinq principaux cultivars béninois : Pain de sucre, Cayenne lisse, Cayenne baronne, Singapour Spanish et Green Spanish, tout en posant les bases de protocoles scientifiques aujourd’hui utilisés au niveau international. En parallèle, elle dirige une plateforme de génotypage et de diagnostic phytosanitaire, récemment modernisée avec l’acquisition d’un séquenceur, et engagée dans une démarche d’accréditation aux normes internationales.

Encourager les vocations, briser les barrières

Valoriser les femmes scientifiques, c’est reconnaître leur rôle dans la construction d’un monde plus juste et plus durable. C’est aussi encourager les jeunes filles à s’orienter vers les carrières scientifiques, en brisant les stéréotypes de genre qui freinent encore trop souvent leur ambition.

Pour cela, il est essentiel de renforcer les politiques d’égalité au sein des institutions de recherche, de créer des opportunités de mentorat, et d’offrir des moyens concrets pour concilier vie professionnelle et personnelle.

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