Lutte contre le Striga hermonthica : Une avancée majeure pour la culture du maïs au Cameroun

9 avril 2025

Lutte contre le Striga hermonthica : Une avancée majeure pour la culture du maïs au Cameroun

La culture du maïs est une source essentielle de nourriture et de revenus pour de nombreuses populations rurales en Afrique, et le Cameroun ne fait pas exception. Cependant, dans la zone soudano-sahélienne du pays, cette culture vit une menace redoutable : le Striga hermonthica, un parasite qui a la capacité de détruire presque complètement les rendements en maïs. Face à ce fléau, une avancée scientifique majeure pourrait bien transformer le paysage agricole camerounais : la création d’une variété de maïs résistante au Striga hermonthica.

Un parasite destructeur des rendements

Striga hermonthica

Le Striga hermonthica, souvent appelé « le fléau des cultures », est un parasite qui s’attaque aux racines des plantes, en particulier le maïs, pour en extraire les nutriments nécessaires à leur croissance. Résultat : les rendements des exploitations agricoles chutent drastiquement, parfois jusqu’à leur disparition complète. Face à cette situation, les agriculteurs de la zone soudano-sahélienne ont dû chercher des alternatives pour protéger leurs récoltes. Malheureusement, les variétés de maïs traditionnelles n’offraient que peu de résistance face à ce parasite et peinaient à produire des rendements conséquents.

Une solution scientifique : Cameroon High Hybrids STR (CHHSTR)

Cameroon High Hybrids STR

La nouvelle variété développée par Paul Sounou Alioum offre une réponse à ces défis. Grâce à son expertise en Biologie des organismes végétaux, il a mis au point une nouvelle variété de maïs, baptisée Cameroon High Hybrids STR (CHHSTR), qui se distingue par sa résistance génétique au Striga hermonthica.

Les Cameroon High Hybrids STR sont des maïs hybrides précoce et extra-précoce qui, en plus d’être résistants au Striga hermonthica, permettent d’obtenir des rendements nettement supérieurs à ceux des variétés traditionnelles. Là où ces dernières généraient entre 1,5 et 3 tonnes de maïs par hectare, les nouvelles variétés permettent d’atteindre des rendements de 5 à 6 tonnes par hectare. Un véritable saut quantitatif pour les exploitations agricoles de la région.

Le secret de cette performance réside dans le cycle de maturation des CHHSTR, qui est raccourci à 80 à 95 jours, contre 120 à 150 jours pour les variétés classiques. Cela permet aux agriculteurs de récolter plus rapidement et de sécuriser leurs récoltes, même en cas de conditions climatiques imprévisibles. De plus, cette nouvelle variété présente l’avantage de garantir des grains bien remplis, tout en préservant leur valeur nutritive.

Renforcer la résilience de l’agriculture africaine

L’initiative de Paul Sounou Alioum s’inscrit ainsi dans un mouvement plus large visant à renforcer la résilience de l’agriculture en Afrique face aux menaces croissantes des parasites, des maladies et des conditions climatiques extrêmes. En rendant les cultures plus résistantes et en garantissant de meilleurs rendements, cette innovation contribue à renforcer la sécurité alimentaire et à améliorer les conditions de vie des agriculteurs camerounais et, au-delà, en Afrique.

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