Le Cléomé menacé au Bénin : des solutions durables pour un légume à fort potentiel nutritif
Le Cléomé, connu localement sous les noms de Akaya ou Sabo, est un légume-feuille traditionnel largement consommé dans les communautés rurales du Bénin, notamment par le groupe sociolinguistique Adja. Riche en vitamines, antioxydants et minéraux, ce légume joue un rôle crucial dans la lutte contre la malnutrition et l’insécurité alimentaire. Toutefois, une récente étude vient tirer la sonnette d’alarme : sa culture est de plus en plus compromise par la pression des insectes ravageurs.
Des ennemis identifiés, des connaissances limitées
Menée par une équipe de chercheurs béninois, l’étude publiée dans la revue Tropical Plant Research (DOI : 10.1007/s42690-024-01344-z) a permis d’identifier les principaux ravageurs affectant le Cléomé : les pucerons, les foreurs de gousses et les punaises vertes des légumes.
Au-delà de l’inventaire des insectes nuisibles, l’étude met également en lumière un fait préoccupant : les connaissances des agriculteurs sur ces ravageurs varient fortement selon leur niveau d’éducation et la taille de leurs exploitations. En d’autres termes, plus un producteur est instruit ou dispose de terres étendues, plus il est susceptible de reconnaître et de gérer efficacement ces menaces.
Face à cette réalité, les auteurs de l’étude recommandent la mise en œuvre d’une Gestion Intégrée des Ravageurs (GIR). Cette approche durable combine l’usage de pesticides botaniques, l’introduction de variétés résistantes, ainsi que l’application de bonnes pratiques agricoles. Elle vise à réduire l’impact des ravageurs tout en préservant la santé des agriculteurs et des écosystèmes.
Un enjeu de sécurité alimentaire
La protection du Cléomé dépasse le cadre agronomique : il s’agit d’un enjeu nutritionnel, économique et culturel. Cultivé principalement par des femmes, ce légume constitue une source de revenus, de diversité alimentaire et de médecine traditionnelle pour de nombreuses familles rurales.
Cette étude jette les bases d’interventions ciblées pour préserver cette ressource stratégique. En renforçant les capacités des producteurs et en encourageant la recherche sur les alternatives écologiques, le Bénin pourrait garantir une production plus résiliente du Cléomé, au bénéfice des générations futures.
Lien vers l’étude complète : https://doi.org/10.1007/s42690-024-01344-z