Escroquerie en ligne au Bénin : 9 millions partis en fumée, une caissière face à la justice

3 mai 2025

Escroquerie en ligne au Bénin : 9 millions partis en fumée, une caissière face à la justice

Caissière dans une banque privée, elle est poursuivie pour avoir détourné près de 9 millions de francs CFA, engloutis dans un site d’investissement en ligne.

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Décrite par ses supérieurs comme “exemplaire”, elle rêvait simplement de faire fructifier ses économies . C’est d’ailleurs ainsi que tout a commencé : un site Internet proposant des rendements alléchants, des promesses de gains exponentiels. Elle y investit ses propres sous. Puis, grisée par l’idée de doubler, tripler sa mise, elle franchit la ligne rouge. Elle commence à puiser discrètement dans la caisse de la banque où elle fut employée. Une fois, deux fois, puis régulièrement. En quelques mois, le manque atteint la somme de 9 millions de francs CFA. Lorsqu’elle tente de retirer ses bénéfices supposés, le site exige un “dernier versement” de 3 millions. C’est le piège final. Elle propose de déduire cette somme de ses gains. En guise de réponse, plus rien. Silence. Les escrocs disparaissent, coupant tout contact. Elle comprend alors qu’elle a été dupée.

Une volonté de rembourser, une demande de liberté provisoire

Appelée à la barre ce vendredi 2 mai 2025, la caissière ne nie rien. Elle parle calmement, sans détour. Elle explique, avoue, assume. Depuis la découverte de la fraude, elle tente de réparer : plusieurs versements déjà effectués, il lui reste 5,7 millions à rembourser. Ce jour-là, elle apporte encore 2,2 millions. La défense plaide pour une liberté provisoire afin de lui permettre de solder sa dette. Le ministère public n’y est pas opposé, mais pose une condition : une caution d’1,5 million FCFA. Après délibération, le juge accorde finalement cette liberté contre un versement de 500 000 FCFA. Une bouffée d’air, mais pas encore une rédemption.

Un renvoi au 20 juin pour la suite

En poste depuis 2020 sous contrat à durée déterminée, la jeune femme attend désormais la suite. Le juge a renvoyé l’affaire au 20 juin 2025. Ce jour-là, la justice dira si le parcours de cette caissière entre ambition, naïveté et erreur de jugement mérite la clémence ou la rigueur de la loi.

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