Don de rein au Bénin : une acceptabilité sociale en construction
Alors que l’insuffisance rénale progresse et que la transplantation rénale demeure marginale au Bénin, une enquête exploratoire menée auprès de 150 adultes révèle que les Béninois sont globalement favorables au don de rein, surtout après décès.

L’étude montre que 98 % des participants ont déjà entendu parler de l’insuffisance rénale et 34 % déclarent avoir un proche atteint. Quant à la greffe de rein, 93 % affirment en connaître le principe. La sensibilisation semble donc avoir porté ses fruits sur le plan de l’information.
Le don post-mortem est perçu très positivement : 83 % des répondants y sont favorables, et 72 % se disent prêts à donner leurs organes après leur décès.En revanche, le don vivant divise davantage : seulement 58 % y sont favorables, contre 14 % défavorables et 28 % hésitants. Lorsqu’il s’agit de choisir un bénéficiaire, le réflexe familial domine : 93 % accepteraient de donner à un membre de leur famille, mais seulement 17 % à un(e) ami(e) proche et 7 % à un(e) inconnu(e).La motivation principale est claire et unanime : « sauver une vie » (100 %). Mais plusieurs obstacles persistent. 66 % craignent des complications médicales pour le donneur.58 % estiment que l’accord de la famille est indispensable. 54 % redoutent un trafic d’organes.Pour beaucoup, le consentement écrit préalable (66 %) est une condition sine qua non du don.
Ces résultats ouvrent une perspective : le potentiel existe, mais il reste conditionné par un cadre légal inexistant au Bénin. « Sans loi claire, sans sensibilisation et sans transparence, les peurs autour du trafic d’organes continueront de freiner les bonnes volontés », avertit un agent de santé interrogé.