Cotonou : Lancement de l’atelier régional sur les risques liés aux crypto-actifs, l’épargne formelle et la Loi LBC/FT

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9 décembre 2025

Cotonou : Lancement de l’atelier régional sur les risques liés aux crypto-actifs, l’épargne formelle et la Loi LBC/FT

La session sud de l’atelier régional a démarré ce mardi à Cotonou. Journalistes, blogueurs et organisations de la société civile y participent. L’objectif est d’informer et de protéger les populations contre les arnaques numériques. L’atelier vise aussi à faire mieux connaître la Loi n°2024-01 sur la Lutte contre le Blanchiment de Capitaux et le Financement du Terrorisme. L’événement est organisé par la Ligue pour la Défense du Consommateur au Bénin (LDCB) et Bénin Santé Survie du Consommateur (BSSC) avec l’appui du Ministère de l’Économie et des Finances.

Un contexte national marqué par des arnaques financières majeures‎

Les organisateurs ont rappelé la forte progression des escroqueries liées aux plateformes d’investissement. En 2010, l’affaire ICC Services avait laissé près de 300 000 victimes et un déficit de 200 milliards de francs CFA. En 2023, Cameo Shell avait spolié des milliers de Béninois pour plus de trois milliards de francs CFA. Depuis quelques jours, la plateforme CEA, très populaire auprès des jeunes, est devenue inaccessible. CEA promettait des revenus grâce au visionnage de vidéos. Pour participer, il fallait déposer une caution et monter dans des paliers d’activités. Comme dans tout système pyramidal, les premiers inscrits gagnaient de l’argent tant que de nouveaux membres arrivaient. Une fois les inscriptions ralenties, le système s’effondre. Le blocage actuel de CEA renforce les inquiétudes sur les risques des plateformes d’investissement en ligne basées sur le recrutement de nouveaux membres.‎

Que sont réellement les cryptoactifs ?

La formation du jour est assurée par M. Médéric Randolphe Houngbo, Économiste, Spécialiste en inclusion et éducation financière numériques, Conseiller technique en Finance Inclusive au sein du cabinet Inclusive Finance Accelerators. Il a expliqué que les cryptoactifs sont des actifs numériques développés au moyen de la technologie de la blockchain permettant de stocker, de réserver et de transférer de la valeur et qui repose sur un réseau pair to pair sans tiers de confiance, cryptographié et un registre distribué immuable. Contrairement au franc CFA, elles ne sont pas reconnues comme monnaie ayant cours légal dans l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA). Aucun régulateur ne garantit leur valeur. Leur prix peut monter ou s’effondrer à tout moment. En cas de perte, il n’existe aucune voie de recours compte tenu de l’absence de réglementation de ces actifs dans l’espace UEMOA.

Les crypto-actifs sont innovants, mais très risqués pour les personnes peu informées. Selon le formateur, les fausses promesses et l’absence de connaissance exposent les citoyens aux escroqueries et à des pertes énormes d’argent dans les investissements sur les cryptoactifs. Il rappelle que l’épargne formelle reste la solution la plus sûre pour protéger son argent. « Aucun investissement sérieux ne peut vous promettre de doubler votre argent en quelques jours », a-t-il averti.

Un rôle clé pour les médias et la société civile

Pendant deux jours, les participants seront formés sur les risques liés aux crypto-actifs, le fonctionnement des systèmes pyramidaux et les sanctions prévues par la Loi LBC/FT. Ils seront sensibilisés à l’importance de l’épargne formelle et au rôle stratégique des médias et OSC dans la lutte contre les arnaques financières. « Les arnaques prospèrent grâce à l’ignorance. Vous êtes les premiers remparts », a déclaré le Président de la LDCB. L’un des objectifs majeurs de l’atelier est d’amener les participants à produire des contenus de sensibilisation simples, fiables et adaptés aux réalités locales. L’objectif final est de freiner la progression des plateformes illégales qui attirent de nombreux jeunes à travers le pays.

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