Bénin : Au cœur d’un coup de filet contre les faux médicaments au marché d’Ahito à Allada
Il est un peu plus de 19 heures ce mercredi soir lorsque les premiers échos d’une agitation inhabituelle parcourent les allées du marché d’Ahito. Des cris, des regards inquiets, puis des uniformes surgissent de nulle part. En quelques minutes, le calme apparent fait place à une opération policière d’envergure. Objectif : démanteler un réseau présumé de trafic de médicaments contrefaits. Ce soir-là, les clients du marché ne s’attendaient pas à un tel bouleversement. “Je ne comprenais rien. Les gens couraient, les policiers criaient, ça venait de partout”, raconte une vendeuse de légumes, visiblement troublée. “J’ai cru un moment qu’il y avait eu un accident ou une bagarre. Mais quand j’ai vu les policiers fouiller les étals et interpeller des gens, j’ai compris que c’était sérieux.”

Une traque discrète, une frappe ciblée
Depuis plusieurs semaines, les agents du commissariat d’arrondissement d’Allada étaient sur la piste d’un réseau suspect, après des signalements anonymes faisant état d’échanges de produits douteux dans le marché. Une surveillance discrète s’organise, des filatures sont menées, jusqu’à ce mercredi où tout s’accélère. “Nous avons reçu des informations précises sur le stockage et la vente de faux médicaments”, confie un agent sous couvert d’anonymat. “On ne pouvait pas laisser passer cette occasion.”
À la faveur de la tombée de la nuit, les forces de l’ordre déclenchent leur opération. En moins d’une heure, six personnes sont interpellées, cinq femmes et un homme, surpris en possession de 222 kilogrammes de produits pharmaceutiques prohibés. Les cartons saisis débordent de comprimés, sirops et sachets interdits à la vente sur le marché local.
Des suspects en garde à vue, des habitants soulagés
Au commissariat, les interpellés ont reconnu les faits. Placés en garde à vue, ils attendent désormais la suite de la procédure judiciaire. Une étape cruciale, selon les autorités locales, qui espèrent faire de cette affaire un exemple. “C’est un soulagement pour nous, mais aussi une alerte”, déclare un conseiller local venu s’enquérir de la situation. “Il faut protéger les populations, surtout les plus pauvres, de ces poisons qu’on leur vend comme des médicaments.”
Un fléau silencieux mais bien implanté
Dans de nombreuses localités béninoises, le trafic de faux médicaments continue de faire des ravages. Faciles d’accès, bon marché, ces produits illégaux séduisent des acheteurs souvent mal informés ou sans moyens. Mais les conséquences sont parfois dramatiques : échecs thérapeutiques, intoxications, voire décès. Les autorités promettent de renforcer la veille et d’intensifier les campagnes de sensibilisation. Mais sur le terrain, les réalités économiques et le manque d’alternatives dans les zones reculées compliquent la lutte.